Pixinguinha et le choro

Alfredo da Rocha Vianna, plus connu sous le nom de Pixinguinha était un compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, flutiste et saxophoniste originaire de Rio de Janeiro.

Né en 1897 dans une famille de musiciens, Pixinguinha commence sa carrière à quinze ans comme flûtiste au cinéma Rio Branco – du temps du cinéma muet, les grands cinémas de la capitale brésilienne ne se contentaient pas d’un pianiste pour accompagner les films, mais engageaient un petit orchestre qui donnait aussi des bals en matinée.

Pixinguinha est considéré comme un des compositeurs majeurs de musique brésilienne populaire, au même titre que Heitor Villa Lobos par exemple, plus connu des musiciens classiques.

Son histoire se confond avec celle du choro, genre musical qu’il a largement contribué à populariser et très caractéristique de l’identité musicale brésilienne. La journée nationale du choro au Brésil correspond à la date anniversaire de sa naissance, le 23 avril. Le choro est une musique instrumentale née à la fin du XIXe siècle, antérieure à la samba, qui s’est développée dans la classe moyenne et métisse de Rio de Janeiro.

Né de la synthèse de traditions européenne, africaine, et amérindienne, le choro est à la croisée de différents univers sonores: il s’agit à l’origine d’une nouvelle manière d’interpréter les dernières danses venues d’Europe et notamment la polka en y introduisant la vivacité rythmique et les instruments de percussions afro-brésiliens, mêlés à des harmonies contemporaines inspirées du jazz.

Très populaire, le choro devient un genre à part entière dans les premières années du XXe siècle, très emblématique de ce métissage culturel typique de la musique populaire brésilienne. Il se caractérise par une formule rythmique proche du tresillo cubain et une part essentielle accordée à l’improvisation, d’où le fréquent parallèle établi avec l’histoire du jazz.

[singlepic id=22 w=320 h=240 mode=web20 float=center]

Pour certains choro viendrait du mot xolo qui désignait les bals organisés par les esclaves noires dans les fermes. D’autres pensent que la manière mélancolique qu’adoptaient les musiciens pouvait renvoyer au mot choro qui signifie pleur en portugais. Le choro désigne aujourd’hui une façon spécifiquement brésilienne, de phraser, d’accentuer et d’articuler la musique.

Les rencontres de musiciens de choro sont appelées rodas de choro, dont la traduction serait rondes de choro.

Parmi les morceaux qui continuent d’être joués dans les rodas près de quarante ans après la disparition de Pixinguinha (décédé en 1973), on compte des succès comme Carinhoso, Um a zero, Rosa, Vou vivendo, Lamentos, Naquele tempo, Ingênuo, etc…

Pixinguinha a laissé en héritage de nombreux disques, profitant pleinement de l’évolution constante des technologies d’enregistrement au cours de la première moitié du 20e siècle.

Ensemble Quarte Augmentée: Cyrille Mercadier (Ocarina), Julien Hervé, Rhéa Vallois, Alexis Baldos, Lester Chio Alonso, Luz Salgado(Clarinettes), Vitier Vivas (Percussions)
Arrangements: Julien Hervé
Photo: Flavia Abreu et O ceu sobre Lisboa