About the Author: Directrice artistique, ingénieur du son free-lance.
Violoniste à ses nombreuses heures non perdues.
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Amnesic #2 – Une histoire du rock subjective : Half of what I say is meaningless
Hannelore Guittet | oct 19, 2012 | Commentaires 1
L’histoire du rock est une histoire qui s’écrit…en anglais.
Si le français est la langue officielle des JO, il ne fait aucun doute que le rock est lui intimement connecté à la langue… non pas de Shakespeare, mais plutôt d’Elvis Presley, Mick Jagger, John Lennon, ou encore Freddy Mercury.
Le rock français existe, bien sûr, mais la majeure partie de ses représentants font le choix de chanter en anglais. Non pas pour des raisons mercantiles d’export, mais par souci d’adéquation culturelle. Essayez donc de traduire « rock’n roll » en français. Ou n’importe quel nom de groupe anglophone (Rolling Stone, Artic Monkeys, Arcade Fire, The Doors, etc.). CQFD.
Pas besoin de parler le Queen’s english pour faire du gros rock qui tache, un bon globish d’aéroport suffit. Les rockers se sont affranchis très tôt des complexes littéraires de nos chanteurs à texte. Il y a bien sûr des conteurs d’histoires (The Beatles / Rocky Racoon, The Divine Comedy / Bernice Bobs Her Hair – adaptation pop de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald), des poètes (Leonard Cohen / Bird on the Wire), des intellos même. Mais on en parlera un autre jour…ou pas. Tenons-nous en pour aujourd’hui aux analphabètes.
Quelque part entre un slogan Benetton, un speech de gourou scientologue et une morale Bisounours, la réflexion littéraire à laquelle Michael Jackson nous invite dans ses chansons a de quoi décomplexer les paroliers en herbe.
Le propos est ailleurs, bien sûr, mais le grand écart entre James Joyce et les « lyrics » (car on ne parle pas de texte, évidemment) de la culture pop rock est tout de même fascinant. L’orgueil de l’éloquence et de la belle langue ne se place pas à cet endroit.
La pop et la soul music ont déposé semblerait-il un copyright sur les « cheesy lyrics » (la guimauve, en bon français). Plus ça dégouline de bons sentiments, plus c’est efficace.
On retrouve d’ailleurs ici nos champions de la modulation au demi-ton : outre Michael Jackson donc, Stevie Wonder entre autres (traduisez Heal the World, et You are the Sunshine of my life, par exemple).
Le rock n’est pas très adepte de ces thématiques sucrées, mais nous livre néanmoins souvent des textes qui n’ont ni queue ni tête.
My Iron Lung, de Radiohead, ou encore I Am the Walrus des Beatles, en sont de belles illustrations.
Qu’on se rassure, les frenchies ne sont pas en reste ! Groupe emblématique des années 90s, Les Innocents nous ont notamment pondu un tube, Un monde parfait, dont les paroles laissent perplexes. Ici le débat de l’œuf et de la poule n’a pas cours, pas très difficile d’imaginer si c’est le texte ou la musique qui a été accouché en premier.
Ou alors c’est carrément inquiétant…On a l’impression qu’ils récitent le dictionnaire en mode shuffle.
La morale de l’histoire, finalement, c’est peut-être Police qui la tient, avec sa chanson De Do Do Do, De Da Da Da :
Don’t think me unkind
Words are hard to find
They’re only cheques I’ve left unsigned
From the banks of chaos in my mind
And when their eloquence escapes me
Their logic ties me up and rapes me
De do do do, de da da da
Is all I want to say to you
Hannelore Guittet
Photographies : Filippo Minelli (CC BY-NC-ND 2.0) et John Flinchbaugh (CC BY-NC-SA 2.0)
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Je ne sais plus qui disait au sujet de Je ne sais plus qui, jouant à je ne sais plus quel jeu de dés: « oui, mais il ne retient que les coups gagnants… »
Retenons donc les coups gagnants.
Pour Stevie Wonder, ce sont certains textes des albums « Innervisions » et « Songs in the key of life ».
Pour John Lennon, ce sera plutôt « Working class hero ».
Sans oublier l’ « Eleonor Rigby » de son ex.
Ray Davies, alias Raymond Douglas Davies, a sévi au sein de The Kinks. On pourra jeter un oeil sur les textes des chansons de la période 1965-1972.
En francophonie, on pourra se tourner vers François Hadji-Lazaro, avec « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs ».
Pour en revenir à Les Innocents, on pourra préférer « L’autre Finistère » et son « j’y apprendrai à me taire ».
Eux, je ne sais pas. Moi, oui.
Dont acte.