Le massage sonore aux bols tibétains

NIKON D40-20120818-190731-DSC_9427-sRGB-LargeJe vais vous parler aujourd’hui d’une découverte en lien avec la musicothérapie : le massage sonore aux bols tibétains.
Ce massage m’a été dispensé par Célia Quilichini, pianiste formée au Conservatoire Royal de Bruxelles, et musicothérapeute diplômée du Centre International de Musicothérapie.
Militante depuis 15 ans pour la cause tibétaine, elle prend part aux activités d’associations pour le Tibet et découvre entre autres le fameux bol tibétain.

Pour ceux qui ne connaissent pas cet objet, il s’agit d’un bol fait à la main d’un alliage de sept métaux représentant des planètes du système solaire. Tous uniques, ils ont la particularité de « chanter » lorsqu’on les tape avec un maillet ou lorsqu’on frotte celui-ci sur le tour du bol. Au Tibet, le bol, utilisé par les moines bouddhistes, sert pour les cérémonies, la méditation etc. Chaque bol est unique et façonné à la main, il en existe de toutes tailles et leurs sonorités sont extrêmement variées et d’une grande richesse harmonique (d’où l’aspect « chantant »).

Durant sa formation en musicothérapie à Noisy-le-Grand, Célia Quilichini rencontre une jeune femme qui présente ces fameux bols, ce qui suscite sa curiosité malgré l’aspect protocolaire de la démonstration.

Puis, elle fait un stage en soins palliatifs, étalé sur huit mois (Maison Médicale Jeanne Garnier). C’est à la demande des patients qu’elle commence à utiliser les bols (qui sont choisis parmi le panel d’instruments présentés).

Elle travaille alors sur la douleur et sur le recentrage du corps. Les patients semblent extrêmement réceptifs à l’environnement sonore généré par les bols. Il y a beaucoup de cancers, et les patients se coupent instinctivement de leur corps. Le « massage sonore » induit par les vibrations leur procure d’autres sensations sur lesquelles se concentrer.

Célia part du constat qu’il y a véritablement quelque chose à faire dans ce sens pour le mieux-être.

Le massage sonore se déroule comme il suit :

La musicothérapeute vous allonge sur une surface confortable, et vous entoure harmonieusement de différents bols qu’elle dispose de part et d’autre du corps. Puis elle part d’un motif libre tapé au maillet sur les différents bols, sur lequel elle va travailler. Le motif est reconnaissable tout au long du massage, ce qui vous installe dans une certaine sérénité. Vous êtes progressivement entouré, enveloppé d’un cocon sonore et les vibrations sont ressenties physiquement sur la peau, dans les muscles, jusqu’aux os . Nous sommes constitués à 70 % d’eau , les vibrations se propagent donc très bien et procurent un massage interne. Au cours du massage, la praticienne se déplace suivant les besoins, dispose les bols autrement, les place sur les plexus solaire, sur la tête etc. et en fonction des tensions. Progressivement, une sensation d’apaisement, de plénitude s’installe. Les émotions s’ harmonisent.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la musique des sphères ; il résulte de tout cela un sentiment particulier de fusion, de voyage.

J’ai posé trois questions à Célia :

Comment penses-tu le massage ?

Il n’y a pas de technique préétablie. Les gros bols à sons graves représentent l’ancrage, l’enracinement. Et je pars d’une cellule de base qui sera la même pendant environ 40 minutes, ce qui donne le côté sécurisant. On perd la notion du temps et de l’espace (les bols sont déplacés au cours du massage), on ne sait plus où on est mais on est sécurisé par la cellule de base.

Je commence avec les bols autour du corps puis sur le corps, ce qui participe au rééquilibrage énergétique. Puis, le patient se retourne et je répète ces opérations.

Comment te sens-tu pendant le massage ?

 Il faut faire « le vide ». Je prends un temps de respiration pour être à l’écoute de l’énergie de la personne, pour me mettre en accord avec elle . Il se forme un être composé de trois éléments (praticien(ne), patient(e), ensemble de bols).

Je constate toujours un moment de relâchement après une dizaine de minutes de massage.

Pourquoi avoir eu envie de faire ça ?

Je pense que le pouvoir sonore et vibratoire induit un état de relaxation très profond. On se déconnecte de la vie extérieure pour se reconnecter à soi-même. La souffrance s’estompe. De plus, le massage interne, ne laisse pas de place à autre chose que ce qui se passe en soi, l’idée étant d’harmoniser le corps, le psychisme et les émotions.

Pour découvrir son travail, voici le lien vers son site : http://celiaquilichini.com

Célia Quilichini poursuit par ailleurs sa formation en médecine traditionnelle chinoise et collabore actuellement avec l’International Academy of Sound Healing à la réalisation d’un atelier qui se tiendra prochainement à Paris.

Laurianne Corneille